Une rencontre de mycologie dans l’Outaouais

La 4e Rencontre des Associations de Mycologie du Québec s’est déroulée dans l’Outaouais du 30 août au 2 septembre 2002, au Centre touristique La Petite Rouge, Saint-Émile-de-Suffolk, dans la MRC de la Lièvre et de la Petite-Nation. Les Mycologues amateurs de l’Outaouais (MAO) étaient le club-hôte de cette réunion qui regroupait plus d’une centaine de mycologues. Les participants provenaient des clubs de Montréal, de Québec, de l’Outaouais, de l’Estrie, de Sept-Îles et d’Alma. Certains venaient même de Colombie-Britannique, du Connecticut et de France.

Cette initiative a débuté à Alma en 1999 et se tient depuis à chaque année en alternance d’une région du Québec à l’autre. L’an prochain, la 5e Rencontre aura lieu à Québec et se tiendra conjointement avec le Foray de la North American Mycological Association (NAMA).

La rencontre de cette année comprenait des excursions, des expositions, des présentations orales et diverses autres activités à caractère scientifique, culturel et récréatif. La douzaine d’excursions réalisées dans la région avoisinante (Réserve faunique de Papineau-Labelle, Montebello, Namur, Notre-Dame-de-la-Paix, Lac-des-Plages, Chénéville et le domaine de la Petite Rouge) ont permis la récolte et l’identification de plus de 215 espèces de macromycètes, ce qui est remarquable compte tenu des conditions de sécheresse qui ont sévi cet été. Des séances d’identification ont été brillamment menées par les divers spécialistes invités et les mycologues amateurs chevronnés que comptent les différents clubs du Québec. La récolte d’une espèce de polypore non encore décrite fut l’un des faits saillants de cette activité ainsi que la seconde récolte d’une amanite récemment répertoriée pour le Québec.

L’exposition des champignons récoltés a été ouverte au public de la région durant l’après-midi du dimanche et a tenu lieu de 18e Salon du Champignon que les MAO organisent annuellement. Les six présentations orales ont offert une diversité de sujets et de conférenciers. Parmi les titres des présentations: « L’Outaouais, région fantastique pour la mycologie » par J. Cayouette et Y. Dalpé; « La chambre des cultures: à la croisée de l’art et de la biologie » par A. Thibault et P. J. Neumann; “Les petits champignons, ces travailleurs de l’ombre qui baignent dans l’huile” par M. Sancholle; « Amanites-minutes » par R. Labbé et A. Jean; « Les champignons, un maillon de notre économie » par F. Miron; et « Apprenez à utiliser votre nez » par M. Sigouin.

Des expositions d’œuvres artistiques faites à partir de champignons, des livres et des CD-Rom sur la mycologie et des produits de champignons comestibles ont vivement intéressé les participants. Le comité organisateur des MAO avait déniché plusieurs commandites auprès de ministères québécois (ministre responsable de l’Outaouais, Environnement, Ressources naturelles, Agriculture, Pêcheries et Alimentation), d’organismes régionaux (comme l’Unité régionale de Loisir et de Sport de l’Outaouais, le Conseil du Loisir scientifique de l’Outaouais, l’Association touristique de l’Outaouais, la Table de Concertation agroalimentaire de l’Outaouais) et de diverses entreprises privées mettant également en valeur des institutions et des produits alimentaires de la région. L’apport du CRECO, Agriculture et Agroalimentaire Canada, fut essentiel également sur le plan de la logistique.

Une contribution particulière est à souligner. Une entente financière entre la Direction du patrimoine écologique et du développement durable, ministère de l’Environnement du Québec, et le Comité organisateur a permis à J. Cayouette et Y. Dalpé de produire une compilation des champignons observés dans l’Outaouais par les MAO entre 1984 et 2001 et de sélectionner une première liste d’espèces rarement récoltées. Un rapport sera finalisé sous peu.

Une température idéale, une atmosphère de détente, des échanges fructueux entre mycologues généreux de leurs connaissances, des contacts nouveaux ou renouvelés, une collaboration grandissante entre les divers groupes, tels furent les points marquants de cette rencontre. Une réunion des dirigeants de chaque association présente a permis la création officielle de l’ « Association de mycologie du Québec », organisme qui chapeautera les intérêts des différents groupes provinciaux. Parmi les questions discutées figurent la francisation des noms de champignons, le choix d’un emblème mycologique provincial, la mise en commun des ressources et les projets de rassemblements à venir. En 2004, la région de l’Estrie sera l’hôtesse de la rencontre des associations de mycologie, et en 2005, ce sera au tour de Sept-Îles.

par Jacques Cayouette

président des Mycologues amateurs de l’Outaouais et botaniste-chercheur chez Agriculture et Agroalimentaire Canada.